Présentée en grande pompe le 28 janvier 2018 dans le froid glacial de la place de l’indépendance de Kiev, au cours d’une prestation de serment aux forts accents militaristes, la “Natsional’ny Druzhyna” du régiment néo-nationaliste Azov... more
Présentée en grande pompe le 28 janvier 2018 dans le froid glacial de la place de l’indépendance de Kiev, au cours d’une prestation de serment aux forts accents militaristes, la “Natsional’ny Druzhyna” du régiment néo-nationaliste Azov suscite polémiques et débats au sein de la société ukrainienne.
Faisant l’objet de plusieurs traductions comme “escouades nationales” ou “milices nationales” qui parfois portent à confusion sur leur place réelle au sein des forces de sécurités ukrainiennes, nous choisirons volontairement de conserver le terme initial translittéré. Formation militante comptant selon les sources entre 600 et 700 bénévoles âgés pour la plupart de 20 à 30 ans, la Dryzhyna nationale reprend une tradition héritée de la Kyiv Rus’ de “veilleurs”, en suppléant la police ukrainienne au quotidien. La Druzhyna est officiellement déclarée en conformité avec la législation ukrainienne qui encadre la création et la réglementation de tels groupes de vigilants. Selon un officiel du ministère de l’intérieur, Ivan Varchenko, “le fait qu’il y a maintenant des organisations qui veulent s’engager dans ce processus, est absolument légal, ils ont le droit. C’est avec des représentants de la Police Nationale qu’ils doivent se mettre d’accord sur comment et où seront-ils affectés, par exemple, des patrouilles dans les rues en alternance avec la Police nationale”.
Néanmoins, l’inquiétude d’une partie de la société est palpable. Le radicalisme affiché de la Druzhyna nourrit la crainte de voir l’Etat ukrainien abandonner progressivement le monopole de la violence légale au profit de formations miliciennes et paramilitaires. Si le dirigeant de la Druzhyna azovienne, Ihor Mikhailenko, parle d’une volonté profonde “de nettoyer les rues, lutter contre les trafics d’alcool, de drogue et les établissements de jeux illégaux”, le message semble être on ne peut plus clair : garantir à travers un “nationalisme moderne” et une force active un nouvel ordre ukrainien, là où le gouvernement a failli. Au-delà de ces éléments de langage fortement imprégnés de la réthorique azovienne, que pouvons nous comprendre de ce projet de Druzhyny?
Faisant l’objet de plusieurs traductions comme “escouades nationales” ou “milices nationales” qui parfois portent à confusion sur leur place réelle au sein des forces de sécurités ukrainiennes, nous choisirons volontairement de conserver le terme initial translittéré. Formation militante comptant selon les sources entre 600 et 700 bénévoles âgés pour la plupart de 20 à 30 ans, la Dryzhyna nationale reprend une tradition héritée de la Kyiv Rus’ de “veilleurs”, en suppléant la police ukrainienne au quotidien. La Druzhyna est officiellement déclarée en conformité avec la législation ukrainienne qui encadre la création et la réglementation de tels groupes de vigilants. Selon un officiel du ministère de l’intérieur, Ivan Varchenko, “le fait qu’il y a maintenant des organisations qui veulent s’engager dans ce processus, est absolument légal, ils ont le droit. C’est avec des représentants de la Police Nationale qu’ils doivent se mettre d’accord sur comment et où seront-ils affectés, par exemple, des patrouilles dans les rues en alternance avec la Police nationale”.
Néanmoins, l’inquiétude d’une partie de la société est palpable. Le radicalisme affiché de la Druzhyna nourrit la crainte de voir l’Etat ukrainien abandonner progressivement le monopole de la violence légale au profit de formations miliciennes et paramilitaires. Si le dirigeant de la Druzhyna azovienne, Ihor Mikhailenko, parle d’une volonté profonde “de nettoyer les rues, lutter contre les trafics d’alcool, de drogue et les établissements de jeux illégaux”, le message semble être on ne peut plus clair : garantir à travers un “nationalisme moderne” et une force active un nouvel ordre ukrainien, là où le gouvernement a failli. Au-delà de ces éléments de langage fortement imprégnés de la réthorique azovienne, que pouvons nous comprendre de ce projet de Druzhyny?
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Analyse et étude de la stratégie numérique du régiment ultranationaliste Azov et de son parti Corps National dans une Ukraine au coeur de la guerre de l'information
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Genre et objet d’un consensus assez large, bénéficiant d’une image extrêmement positive à travers le monde — en témoigne le grand nombre de manifestations qui lui sont dédiées chaque année— le Métal et sa branche « Black » semblent avoir... more
Genre et objet d’un consensus assez large, bénéficiant d’une image extrêmement positive à travers le monde — en témoigne le grand nombre de manifestations qui lui sont dédiées chaque année— le Métal et sa branche « Black » semblent avoir définitivement tourné la page polémique d’une histoire jalonnée de violences, de crimes et d’incidents. Si elle a pu apparaître dans ses débuts comme une musique souvent brutale, toujours militante, marquée du sceau de l’infâmie par la presse et le public non-initié, le Black Métal constitue aujourd’hui un genre lissé, plus policé, dont la philosophie anti-chrétienne et l’image extrémiste ne seraient à prendre qu’au second degré. Mais en dépit d’une « dédiabolisation » du genre, nombreuses sont les formations à plaider pour un retour sources et à rejeter l’idée d’un Black Métal devenu mainstream et aseptisé.
Principal foyer de cette scène revenue à ses fondamentaux : l’Est de l’Europe, et plus particulièrement l’Ukraine. Ces espaces culturels se distinguent par la profusion de groupes ayant su conjuguer l’esprit contestataire extrême et des revendications nationales exaltées. La guerre, qui marque une radicalisation des idées, constitue un véritable tremplin pour la construction et la diffusion des représentations géopolitiques de l’extrême-droite locale. Tentons ainsi de délimiter les liens intimes qui unissent la scène Black/Pagan Métal est-européenne à ces courants politiques nationalistes, et de mesurer leur interdépendance.
Principal foyer de cette scène revenue à ses fondamentaux : l’Est de l’Europe, et plus particulièrement l’Ukraine. Ces espaces culturels se distinguent par la profusion de groupes ayant su conjuguer l’esprit contestataire extrême et des revendications nationales exaltées. La guerre, qui marque une radicalisation des idées, constitue un véritable tremplin pour la construction et la diffusion des représentations géopolitiques de l’extrême-droite locale. Tentons ainsi de délimiter les liens intimes qui unissent la scène Black/Pagan Métal est-européenne à ces courants politiques nationalistes, et de mesurer leur interdépendance.
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L’arc tendu des crises européennes, notion mise en avant dans les travaux du groupe d’études géopolitiques pour présenter cette zone caractérisée par la continuité des crises géopolitiques situées aux frontières européennes à partir du... more
L’arc tendu des crises européennes, notion mise en avant dans les travaux du groupe d’études géopolitiques pour présenter cette zone caractérisée par la continuité des crises géopolitiques situées aux frontières européennes à partir du Maroc jusqu’à la Finlande pourrait connaître une définitive intensification critique dans son secteur baltique avec l’exercice militaire du Zapad 2017.
Depuis cette nuit, au moins 13.000 militaires Russes (100.000 selon d’autres estimations) simuleront pendant six jours une guerre avec une entité imaginaire, censée représenter l’OTAN, dans l’espace baltique et biélorusse.
Les médias continentaux ne paraissant pas s’en charger, uniquement pris par les soucis des rentrées politiques nationales, nous avons préparé une introduction en dix points au Zapad 2017 et aux questions géopolitiques qu’il nous semble poser avec urgence.
Depuis cette nuit, au moins 13.000 militaires Russes (100.000 selon d’autres estimations) simuleront pendant six jours une guerre avec une entité imaginaire, censée représenter l’OTAN, dans l’espace baltique et biélorusse.
Les médias continentaux ne paraissant pas s’en charger, uniquement pris par les soucis des rentrées politiques nationales, nous avons préparé une introduction en dix points au Zapad 2017 et aux questions géopolitiques qu’il nous semble poser avec urgence.
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Publié 14 octobre 2017 par gegeurope Alors que les marges orientales de l'Europe retenaient leur souffle en scrutant avec attention les manoeuvres russes Zapad 2017, nous avons rencontré Donald Jensen. Ancien diplomate américain, expert... more
Publié 14 octobre 2017 par gegeurope Alors que les marges orientales de l'Europe retenaient leur souffle en scrutant avec attention les manoeuvres russes Zapad 2017, nous avons rencontré Donald Jensen. Ancien diplomate américain, expert de la Russie et des questions stratégiques au sein du prestigieux Center for Center for European Policy Analysis European Policy Analysis (CEPA) à Washington, Donald Jensen a ac-cepté de répondre à quelques unes de nos questions sur ces manoeuvres et leurs conséquences en Europe. Lorsque l'on compare le déploiement de l'exercice Zapad à la répartition des forces russes dans le District militaire Ouest, la Biélorussie semble revenir au coeur du dispositif sécuritaire russe en dépit de la prise de distance du pré-MENU
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Marginalisés depuis l’indépendance de 1991, les groupes d’extrême-droite dits ultranationalistes ont vu dans le séparatisme du Donbass de 2014, l’annexion russe de la Crimée et l’émergence de bataillons de volontaires un vecteur de... more
Marginalisés depuis l’indépendance de 1991, les groupes d’extrême-droite dits ultranationalistes ont vu dans le séparatisme du Donbass de 2014, l’annexion russe de la Crimée et l’émergence de bataillons de volontaires un vecteur de renaissance. Parmi, eux le régiment Azov. C’est fort de sessuccès militaires, qu’il s’est fait une place au sein de l’extrême-droite ukrainienne et dans le paysage politique post-Maïdan. Par sa transformation en parti politique (Corps National), son organisation, sa capacité de mobilisation de la jeunesse, l’originalité d’une propagande relayée par Internet et la musique metal, il a voulu rendre à l’Ukraine sa grandeur. Des projets et des représentations comme la Natiocratie, l’Intermarium, Reconquista, le nationalisme transnational qui
sont nourris des désillusions, des crises politico-économiques et des grands mythes d’une histoire revisitée ont fait d’Azov, une alternative politique objet de cette étude.
sont nourris des désillusions, des crises politico-économiques et des grands mythes d’une histoire revisitée ont fait d’Azov, une alternative politique objet de cette étude.
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En exprimant le rejet d’un système bâti sur une modernité estimée en pleine faillite au nom de la défense de l’environnement, l’écologie a pu parfois succomber au nom du renouveau immédiat, à la radicalisation extrême. Bien que cette... more
En exprimant le rejet d’un système bâti sur une modernité estimée en pleine faillite au nom de la défense de
l’environnement, l’écologie a pu parfois succomber au nom du renouveau immédiat, à la radicalisation extrême. Bien
que cette écologie radicale (ou écologie profonde) s’est en majeure partie développée en Occident et à gauche de
l’échiquier politique, le cas de l’Ukraine semble pourtant rompre avec cette affirmation. En effet, l’idée même de
protéger l’environnement est devenue l’une des principales préoccupations des mouvements nationalistes/d’extrêmedroite
en Ukraine. Cette particularité porte en elle un paradoxe majeur : alors que la défense de la nature sous toutes ses
formes paraît citoyenne et de plus en plus légitime, se réduisant parfois à des postures dictées par un alter-mondialisme
humaniste, l’écologie en Ukraine offre une tribune à un discours identitaire et réactionnaire.
Objet d’une industrialisation extensive où le modèle soviétique dévoré par le quantitativisme ne s’est pas posé la
question des externalités négatives et des coûts humains et sociaux des choix retenus (Holodomor, qualité de l’air en
baisse dans les grandes villes comme Dniepro, Zaporijie, Mariupol, présence de nitrates dans l’eau du Dniepr
déforestation, catastrophe de Tchernobyl…), la nature ukrainienne et son asservissement ont été perçues comme un
phénomène d’acculturation propre à toute occupation extérieure. Si les années 1980 et le début de la Perestroïka ont pu
voir émerger des mouvements indépendantistes sur la base de mobilisations purement environnementales comme celle
du groupe Zeleniy Svit (Monde Vert), l’indépendance mis un coup d’arrêt cet élan éco-nationaliste.
Prospérant sur la faillite d’une idéologie verte marginalisée et soumise à d’autres priorités (croissance, résolution du
conflit dans le Donbass, lutte contre la corruption), les mouvements ultranationalistes comme le Ekolohichnyj korpus
(Corps Écologique) d’Azov s’emploient à faire de ce combat pour la « Dignité verte » un moyen de réhabiliter la nature
comme topos d’un particularisme ethnique ukrainien et d’un passé idéalisé autour du conservatisme, du dirigisme et du
darwinisme primaire…
Ce présent travail aspire à apporter une analyse historique et géopolitique d’une doctrine politique précise et de ses
différentes ramifications : l’Éco-nationalisme. En retraçant le narratif de cette tendance, nous focaliserons autant que
possible cette étude sur les représentations de la nature et de l’écologie au sein des mouvements nationalistes
ukrainiens. Celles-ci sont de plus en plus conceptualisées et utilisées au même titre que la langue ou la mémoire dans
leur définition de la nation ukrainienne. En s’attaquant principalement à des sujets internes à la gouvernance de
l’Ukraine comme la stagnation de la guerre, la menace russe, la lutte contre la corruption, certaines études sur les partis
nationalistes ukrainiens occultent la dimension environnementale pourtant très présente dans leurs programmes
politiques mais aussi leurs actions sur le terrain qui prennent la forme d’un « vigilantisme vert ». Intégrer cette
dimension verte est donc un itinéraire complémentaire pour définir l’extrême-droite nationaliste en Ukraine.
l’environnement, l’écologie a pu parfois succomber au nom du renouveau immédiat, à la radicalisation extrême. Bien
que cette écologie radicale (ou écologie profonde) s’est en majeure partie développée en Occident et à gauche de
l’échiquier politique, le cas de l’Ukraine semble pourtant rompre avec cette affirmation. En effet, l’idée même de
protéger l’environnement est devenue l’une des principales préoccupations des mouvements nationalistes/d’extrêmedroite
en Ukraine. Cette particularité porte en elle un paradoxe majeur : alors que la défense de la nature sous toutes ses
formes paraît citoyenne et de plus en plus légitime, se réduisant parfois à des postures dictées par un alter-mondialisme
humaniste, l’écologie en Ukraine offre une tribune à un discours identitaire et réactionnaire.
Objet d’une industrialisation extensive où le modèle soviétique dévoré par le quantitativisme ne s’est pas posé la
question des externalités négatives et des coûts humains et sociaux des choix retenus (Holodomor, qualité de l’air en
baisse dans les grandes villes comme Dniepro, Zaporijie, Mariupol, présence de nitrates dans l’eau du Dniepr
déforestation, catastrophe de Tchernobyl…), la nature ukrainienne et son asservissement ont été perçues comme un
phénomène d’acculturation propre à toute occupation extérieure. Si les années 1980 et le début de la Perestroïka ont pu
voir émerger des mouvements indépendantistes sur la base de mobilisations purement environnementales comme celle
du groupe Zeleniy Svit (Monde Vert), l’indépendance mis un coup d’arrêt cet élan éco-nationaliste.
Prospérant sur la faillite d’une idéologie verte marginalisée et soumise à d’autres priorités (croissance, résolution du
conflit dans le Donbass, lutte contre la corruption), les mouvements ultranationalistes comme le Ekolohichnyj korpus
(Corps Écologique) d’Azov s’emploient à faire de ce combat pour la « Dignité verte » un moyen de réhabiliter la nature
comme topos d’un particularisme ethnique ukrainien et d’un passé idéalisé autour du conservatisme, du dirigisme et du
darwinisme primaire…
Ce présent travail aspire à apporter une analyse historique et géopolitique d’une doctrine politique précise et de ses
différentes ramifications : l’Éco-nationalisme. En retraçant le narratif de cette tendance, nous focaliserons autant que
possible cette étude sur les représentations de la nature et de l’écologie au sein des mouvements nationalistes
ukrainiens. Celles-ci sont de plus en plus conceptualisées et utilisées au même titre que la langue ou la mémoire dans
leur définition de la nation ukrainienne. En s’attaquant principalement à des sujets internes à la gouvernance de
l’Ukraine comme la stagnation de la guerre, la menace russe, la lutte contre la corruption, certaines études sur les partis
nationalistes ukrainiens occultent la dimension environnementale pourtant très présente dans leurs programmes
politiques mais aussi leurs actions sur le terrain qui prennent la forme d’un « vigilantisme vert ». Intégrer cette
dimension verte est donc un itinéraire complémentaire pour définir l’extrême-droite nationaliste en Ukraine.
